Le plus vite sera le mieux ...
Cela faisait quelques jours que je voulais, pour une raison bien particulière, prendre rendez vous avec la responsable de mon rayon pour une rencontre au sommet. Après une multitude de tentatives infructueuses, je parvins à me hisser jusqu'à son bureau. J'avais tellement l'habitude de poser mes deux très belles fesses sur un tabouret des plus inconfortables pendant les heures de travail, que la douceur et la mollitude (merci Ségolène, je l'avais sur le bout de langue...) du fauteuil qu'elle me proposa me perturba quelque peu.
- Alors Pierre, que puis je faire pour toi ?
Pour dire vrai (j'aime bien cette expression), cela faisait en fait quelques semaines déjà que je me préparais à terrasser le dragon lors d'une joute verbale interminable. Retournant dans mon for intérieur les dizaines d'arguments infaillibles et les centaines de réthoriques possibles, je commençais légérement à bouillonner et n'attendais plus que le jour V, de la Victoire. Au petit matin, alors que je croisais ma chère responsable, je lui lançais d'un ton autoritaire et décidé un :"Tu penses pouvoir me recevoir aujourd'hui, même 20mn, il faut que je te parle de quelque chose ?"
- Oui bien sûr... Je finis ça (à comprendre : "je termine de ranger ces maudits cd") et je suis à toi...
Comme je vous le disais, cela faisait maintenant une petite décennie que je tapais du pied pour cette entrevue alors devant le fait accompli : j'allais bientôt rencontrer en tête à tête mon idole, mes jambes flageollèrent (je l'ai bien écris là ? Ou je peux m'attendre encore à de lapidaires commentaires concernant mon orthographe... :=). Je pris donc mon courage à deux mains malgrés son faible poids et m'en fus tout heureux retrouver mes collègues pour leur annoncer la grande nouvelle. A grand renfort d'un verre de jus d'orange pur jus avec de la pulpe, un guronzan, un morceau de sucre avec de la menthe fraîche dessus et de la griotte de Guaranja (un produit revigorant très rare que j'avais importé du Mexique pour l'occasion), je fus à même d'attendre l'appel, je le redis, tant attendu...
- Oui Pierre, c'est Tûûûût (ça n'est point son prénom mais un subtil subterfuge pour le maquiller). Tu peux monter me voir. Je t'attends...
Inutile de le redire, j'étais très impatient depuis très longtemps. Impatient de vider mon sac et de lui dire haut et fort à quel point je ne supportais plus ce travail, à quel point cela me démangeait de partir et à quel point j'avais besoin de son aide pour connaître au mieux mes droits et mes possibilités. Elle ne fut pas surprise, la coquine. Elle n'ouvrit pas la bouche en O avec l'intention de la refermer 25mn plus tard tant le choc était rude. Non, elle n'esquissa même pas le bout d'un sourcil et dit très posément (à croire qu'elle s'était préparée aussi...) : "Il n'existe pas beaucoup de solution, tu sais. Soit tu démissionnes et tu toucheras les Assedics ( oh, c'est bon hein ! tout le monde le fait ) dans quatre mois, soit tu te fais virer et là tu les toucheras quasiment instantanément."
Mmmmn, tout ceci me laissa perplexe... Je regagnais mon poste avec mes solutions sous le bras, avec la joie d'avoir ce rendez vous enfin derrière moi et la perspective déjà plus nette d'un avenir sans leur enseigne collée sur le front... Rien n'est encore fait mais je compte bien dire aurevoir à mon tabouret inconfortable au courant de l'été pour vaquer à d'autres occupations, toutes aussi non lucratives les unes des autres, pas mal non ?! Théâtre, Danse, Chant, Musique, pétanque, pastis...
Je vous laisse méditer sur cette grande idée de la parité entre les hommes et les chats. En ce qui me concerne, je continuerais à les foutter jusqu'à ce que miaou s'en suive...