Ma Timidité...

Publié le par Grand Pee

      Au départ, au tout début, avant que tout commence, il était une fois il y a très longtemps, je n'étais pas comme je suis aujourd'hui. Ma vie déjà ne ressemblait pas à celle-ci. J'avais beaucoup moins de poil au menton, un peu plus de graisse sur le bidon et des cheveux plus courts - pour les détails physiques. Pour ce qui est du contenu, en opposition à mon envelloppe charnelle, le contenant : j'étais plutot rigolo, moins complexé (même pas du tout, si je me souviens bien) et les journées passaient sans l'ombre d'une angoisse existencielle. Exepté le fait que j'étais mauvais élève et que ma mère ne le souhaitait pas, l'école pour moi était synonyme d'amitié, de camaraderie, et je m'en accomodais fort bien.

     En bon copain, je faisais rire mes "contents pour rien" en répondant à mes supérieurs hierarchiques (prof, pion, directeur) avec la nonchalance d'un crétin d'adolescent toujours prêt à le rester jusqu'à ce que mort s'en suive. Bref, je n'avais pas de soucis "d'Etre ou de Paraitre" avec mes camarades lorsque l'on s'était à tour de rôle, mutuellement et tous ensemble apprivoisé. Il était aussi vrai qu'aucun de nous n'avait encore lu le fameux "Mode d'emploi de soi" et personne n'était en mesure de s'étendre avec l'autre sur ce qu'il ressentait. En tout cas, si quelqu'uns de mes camarades le pratiquaient déjà, c'était tout bonnement impossible pour moi. J'aurais eu honte de montrer à l'un de mes potes le chemin du voyage à l'intérieur, et que ça se retourne en plus contre moi par la suite... "Oh lalala la honte !!! Pierre il m'a dit que sa maman elle lui faisait mettre des talons aiguilles quand il était petit et qu' à cause de ça son moi était passé au dessus de son surmoi ce qui donne un truc du style MoiSurSSurMoiTéSurdeSa ?!" (Ceci est une fiction, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existées...).

     Tout ça pour en venir, je sais que c'est très confus... c'est l'émotion... à aujourd'hui. Vers 18 ans, une fois mes études terminées, je me suis enterré quelques temps dans une autre vie faite d'ennui, de solitude, de repli, d'autarcie et de mise en jachère. Pourquoi ? Heu... pour ne pas trop rentrer dans les détails, je pense que la vie ne m'avait montré qu'une petite partie de jarretière et que je m'étais accroché à sa jambe sans me soucier de ce que je pouvais y découvrir un peu plus haut, un peu plus grand, un peu plus beau. Cette expérience troublante a duré cinq années, de 1997 à 2002 environ. Et puis, tel un prisonnier dont la peine arrivait à échéance, je suis sorti de ce marasme, heureux mais quelque peu affaibli. 

     J'ai dis plusieurs fois à mon cher Over-Blog.com que plusieurs de mes soirées s'étaient déroulées seul, face à un écran d'ordinateur, la musique à fond, un joint au bec. Et bien c'est à cette époque que je me suis rendu compte que, une fois en liberté, je n'avais plus envie de faire rire mes "content pour rien", plus envie de fricoter avec eux et... le comble, c'est que ce n'est pas l'envie... mais la peur qui me contrôlait. La peur de les revoir, de discuter avec eux, de me mettre en avant face à leurs grands yeux globuleux et méprisants. J'ai eu la crainte des autres et de toutes les occasions qui pouvaient me mêler à eux. Je me suis caché comme un petit lapin dans son terrier en période de chasse persuadé que tous le Monde me tirait dessus.

 

    Et me voilà, 2007 tout fringuant, au bras d'une demoiselle qui a su par les mots panser quelques unes de mes blessures ouvertes et surtout me montrer le chemin le plus sûr pour mettre les autres dans ma poche ou du moins ne plus me sentir menaçé par eux. Je ne peux pas dire que tout est acquis et que le repos est enfin trouvé. Il me reste un long périple jusqu'à l'insouciance et meme le goût des autres. Vous ne pouvez imaginer ce que l'on ressent lors d'une soirée, l'endroit le plus apte à satisfaire nos âges en recherche de divertissement, et que l'on arrive pas à se décontracter tellement la pression à l'intérieur du ventre est forte. Que l'on n'ouvre pas la bouche de peur de bafouiller ou de sortir une blague douteuse, de peur d'être jugé "Irrécupérable" par un pan de société dont vous vouliez vous faire aimer.

     Voici ma Timidité, celle qui tue ma sociabilité à petit feu et celle qui fait aussi de moi ce que je suis et que je finis par aimer Inconditionnellement car, pour cette bonne raison, je ne suis pas comme tout le monde. Il me faudrait réduire mes angoisses pour apprécier mon repli naturel, ma Timidité...

 

     Je vous embrasse ! A très vite !

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L
Un article ! Un article ! La suite de C'est elle, par exemple !!!!!
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L
Une demoiselle arrive et... fiat lux! On est tous les mêmes...<br /> A bientôt.
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E
La timité ça peut aussi s'apprivoiser... Et puis, cette pudeur donne souvent un petit côté touchant je trouve. Bonne journée.
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G
Il est vrai... Je travaille dans ce sens là en tout cas. A l'accepter telle qu'elle est et façonner ses angles pour ne pas qu'elle me gâte l'existence comme elle sait si bien faire par moment, ma timidité...